Interview L'Ecailler du Sud
A L'Ours, on aime L'Ecailler du suD. Des gens courageux qui
ont créé leur maison d'édition il y a six ans,
qui ont réussi à tenir et qui peuvent aujourd'hui se
targuer d'avoir un beau catalogue. En plus de 80 livres, on leur doit
la découverte d'auteurs tels que Thomas Labat, GM Bon, Dominique
Delpiroux… la traduction de Steve Earle et Juan Hernandez Luna,
la réédition des premiers Philippe Carrese, bref du beau
travail et l'occasion pour nous de revenir dessus en interviewant Patrick
Coulomb, René Merle et François Thomazeau.
Première question, pourriez-vous vous présenter
et nous dire ce que vous faites à L'Ecailler?
FT : Je m’appelle François Thomazeau. Je suis le
chef et je ne fais rien.
PC : Je suis Patrick Coulomb, je suis l’autre
chef et je fais le reste…
RM : Je suis René Merle, et je laisse
faire...
Vous lancez cette maison d'édition il y a six ans, quels étaient
vos objectifs à l'époque?
FT : Publier trois ouvrages au moins et après voir
venir… Donner du plaisir et en prendre. Publier les livres que
nous ne trouvions pas forcément chez les autres. Il existe par
exemple un genre à part entière outre-Atlantique, les " humorous
mysteries " sous-représenté en France que nous aurions
aimé défendre ici. Ça, c’est raté,
pour l’instant…
PC : Il y avait forcément aussi à l’époque
une donnée locale qui a été soulignée alors
dans la mesure où nous démarrions à Marseille et on
parlait beaucoup à la fin des années 90-début des
années 2000 du " polar marseillais "…
RM : J’ai pris le train en marche juste au démarrage parce
que ça me ravissait de voir apparaître une “maison d’édition” (j’aime
pas le mot) non pas de Marseille, mais à Marseille.
Et six ans après, pensez-vous les avoir
tenus ?
FT : Nous avons tenu des objectifs que nous ne nous étions
pas fixés et pas toujours tenu ceux que nous visions… Dans
ce métier, le plaisir est parfois intense, mais amplement contrebalancé par
des gênes en tous genres. Nous avons découvert un certain
nombre de corporations étranges et souvent légèrement
inquiétantes : distributeurs, diffuseurs, libraires, et pire encore
auteurs… de loin l’espèce la plus diverse et la plus
dangereuse. Il n’y a qu’une corporation avec laquelle nous
n’avons eu que de bonnes surprises : les lecteurs.
PC : De trois bouquins
au départ on est passé à près
de cent aujourd’hui, en fait on a " explosé " nos
objectifs et on essaye aujourd’hui de maintenir quelques cohérences
dans cet ensemble qui est devenu très varié.
RM : Les objectifs
initiaux ? “vaste programme” aurait
dit le Général (eh oui, je suis de bien avant la génération
Mitterrand). Donc, on les a tenus. En fait, ce qui m’apparaît
le plus important est d’avoir pu durer dans cette jungle, d’avoir
suscité des vocations, d’avoir eu de l’écho...
Avec une politique d'auteur courageuse, mais
sans encore de locomotive (à moins que nous ne soyons passés à côté d'un
best-seller), comment faites-vous pour vous en sortir?
FT : Les locomotives commencent à émerger
d’elles-mêmes : deux ou trois auteurs (McLaren, Bonnot,
Valdez) ont été rachetés par des éditeurs
de poche de grande diffusion et devraient décoller. On en reparlera
dans six ans. Sinon, les documents que nous publions sur le Milieu se
vendent bien. A part ça, je pense que ce qui peut permettre à une
petite maison comme nous de survivre, c’est ce qu’on pourrait
appeler les produits dérivés (ventes de droits à l’étranger,
au cinéma ou à la télévision). Les ventes
de livres seules ne suffiront jamais à une maison comme l’Ecailler,
surtout dans le système pervers qui est celui du livre en France
(mais n’entrons pas dans un débat sans fin…) Nous
sommes là pour défricher, équilibrer les comptes,
refourguer nos meilleurs produits aux " majors " et passer à la
caisse. Enfin, il faut préciser que nous sommes dans le bénévolat
total. L’Ecailler a rapporté un peu de sous aux auteurs,
aux libraires, aux diffuseurs et aux imprimeurs. A nous, rien, zéro,
peanuts, sinon de longues heures de travail et des dettes… Si
on s’était salarié, c’était fini.
PC : Comme
le souligne François, on peut se maintenir surtout grâce à notre
manière de travailler, après six ans nous sommes restés
une " structure floue ", c’est-à-dire surtout avec
des coûts de fonctionnement minimum.
RM : J’aime les euphémismes de Patrick. Mais il dit très
vrai.
Et comment trouvez-vous votre place dans
ce milieu éditorial complètement
fou (ce système d'office où la durée du livre en librairie
n'est même pas d'un mois) et complètement concentré?
FT : Voir plus haut… Moi, je pense qu’il faudrait
tout casser dans ce système et revenir à des règles
plus simples et plus saines. En ce moment (et je suis aussi libraire à Paris),
je me rends compte que tout le monde fait de la trésorerie sur le
dos du voisin. Le libraire ne paie pas le diffuseur, qui ne paie pas l’éditeur,
qui ne paie pas l’auteur… ou en tout cas le plus tard possible.
Tout ça parce qu’on a oublié un maillon essentiel :
le lecteur ! En fait, ce système profite essentiellement aux gros.
Je pense qu’il y a de la place pour une édition de niche,
ciblée et pointue, avant-gardiste et novatrice, un peu comme ce
qui se passe avec le disque entre les indépendants et les majors.
Par ailleurs, nous avons de très bons rapports avec certains gros éditeurs,
qui nous utilisent comme éclaireurs, comme goûteurs…
Lorsque sur des sites sérieux on peut lire " pour info ce
roman coûte 6,50euros et en général quelques mois après
leur sortie les romans de cette petite maison d’édition deviennent
assez difficiles a trouver"… il y a de quoi s'inquiéter,
non?
FT : Oui et non. A nous de savoir créer un catalogue
de fond et un catalogue axé sur la nouveauté. Nos bouquins
anciens ne sont pas difficiles à trouver, il suffit de les commander
! Comme la majorité des titres de Rivages, du Seuil ou de la Série
Noire qui ne sont pas disponibles en permanence en rayon, et pas même à la
FNAC ou dans les Virgin qui gardent de moins en moins de stock.
PC : Les romans " du catalogue " on les trouve aussi au gré des
salons et des fêtes du livre, quand tel ou tel auteur est présent,
et désormais dans les deux librairies qui portent le nom de L’écailler,
une à Paris et l’autre à Marseille.
RM : Je crois aux
vertus du Net et des réseaux, au bon sens du
mot...
Il y a six ans, vous surfiez sur la vague
du "polar marseillais" (appellation
qui ne voulait rien dire, comme démontré dans un Ours spécialement
consacré à la chose), aujourd'hui votre catalogue est loin
d'être composé de Marseillais (nous reviendrons plus loin
sur les auteurs étrangers), mais vous semblez pâtir de cette
image de maison marseillaise, vous nous en dites plus…
FT : Cette image nous a permis de décoller, de trouver
une diffusion correcte et nous y tenons quand même. Nous sommes Marseillais,
où est la honte ? Nous publions des auteurs marseillais. Pourquoi
seraient-ils moins bons (ou meilleurs ?) que des auteurs turcs ou savoyards
? Mais nous publions de tout en effet, et les auteurs du cru ne représentent
même plus un tiers de notre catalogue. Alors oui, nous pâtissons
de cette image d’éditeur marseillais parce que, plus généralement,
Marseille n’est pas un label de qualité culturelle, bien au
contraire. Ah si nous étions à Arles, ou à Avignon… Mais
nous sommes un peu petits pour changer les mentalités et les clichés.
Dans ce domaine, malheureusement, nous nous sommes aperçus que les
milieux littéraires et culturels, loin d’être plus ouverts
et anti-conformistes étaient souvent encore plus frileux, conservateurs
et suivistes que le reste de la population.
PC : Quand un éditeur de New York ou de Miami publie des romans
policiers qui se déroulent à New York ou Miami, vante les
attitudes particulières des New Yorkais ou des Miamiens, leur parler
différent, leur manière d’aborder la vie différente,
on n’y trouve rien à redire et cela s’exporte dans le
monde entier, pour ma part je considère que Marseille est tout comme
Miami, Barcelone, New York ou Naples, une ville de caractère, ce
qui signifie qu’il y a de la matière à y puiser (des écrivains,
des histoires, une manière, etc), donc on ne va pas renier ce caractère-là,
il fait partie de notre travail, mais l’essentiel pour nous est beaucoup
plus simple : il s’agit de donner à lire des choses que nous
avons aimées, des textes qui nous ont fait marrer, ou réfléchir,
ou frémir, ou qui nous ont juste divertis, mais avec de la jubilation,
de la force, un vrai plaisir, c’est ce rôle-là qui nous
tient le plus à cœur, celui du " passeur ", et ce
qu’on a envie de passer, ce sont des textes de toutes origines et
de tous genres, du polar le plus classique à l’ovni absolu,
en passant bientôt par la BD…
RM : Un, je suis Toulonnais et pas Marseillais. Mais pour revenir au sujet,
autant je vomis l’exotisme intérieur sur lequel d’aucuns
surfent, autant je suis certain que c’est en puisant dans sa réalité,
et le Midi en est une pour beaucoup d’entre nous, que l’on
peut sortir ses tripes.
Vous avez d'ailleurs créé la collection "L'Ecailler
du nord", ne pensez-vous pas que cela risque de renforcer encore plus
le côté marseillais?
FT : Non. A vrai dire, nous changeons de nom à la
rentrée pour devenir L’Ecailler (tout court) et le Sud et
le Nord ne seront plus que des collections un peu fluctuantes qui permettront
toujours aux amateurs de terroir de s’y retrouver. Personne, à ma
connaissance, ne reproche à certains éditeurs spécialisés
d’avoir des collections spécialisées dans l’Asie
(Piquier), le Brésil (Métailié), l’Ecosse (Métailié encore)
ou les pays scandinaves…
PC : On ne s’est pas contenté de multiplier par deux L’écailler
en " du nord " et " du sud ", on en est aussi au troisième
titre de l’ overlittérature , et bientôt une quatrième
collection, consacrée aux romans noirs latino-américains
ou latins tout simplement, qui s’intitulera " L’Atinoir ",
qui sera dirigée par Jacques Aubergy et dont Paco Ignacio Taïbo
II sera le conseiller littéraire.
RM : Sud, Nord ? Mes amis catalans
me plongent toujours dans la perplexité quand
ils me disent qu’ils ne sont pas au Sud, mais au Nord. Et pourtant...
Justement, en lançant la collection "overlittérature",
ne croyez-vous pas déstabiliser vos lecteurs et aussi ceux qui vous
vendent (il y a de tristes exemples de petites maisons d'édition
tirant dans tous les sens qui se sont fait flinguer)?
FT : Non, au contraire, ça montre qu’on est
pas recroquevillé sur notre petit pré carré. Et nous
espérons que les gens achètent des livres pour leurs qualités
propres, pour l’auteur, plutôt que pour l’éditeur
et la collection. Il me semble que l’effet collection qui a pu exister à une époque
est en train de s’amenuiser. Nous aimerions que les gens achètent
(et vendent) nos livres sans se préoccuper du fait qu’ils
sont publiés par l’Ecailler. On aimerait disparaître
derrière nos livres.
RM : François, reste avec nous...
Revenons au polar. Combien de manuscrits recevez-vous par an?
FT
: Beaucoup. 500 ? Entre trois et quinze par semaine…
Comment fonctionne votre comité de lecture?
FT
: Mal. Non, en fait nous sommes trois et on se repasse les textes avec
des annotations. Généralement, lorsque l’un des
trois est enthousiaste, les autres le sont aussi. Il n’y a pas de
grosses hésitations sur les choix. Certains textes sortent nettement
du lot.
PC : La vraie difficulté c’est le temps, je tiens à remercier
les auteurs pour la patience dont ils font preuve lorsque nous tardons
trop à leur donner une réponse. Et on tarde trop à chaque
coup.
RM : C’est plus que vrai. Quant on sait comment un auteur, et surtout
débutant, attend chaque jour le facteur... Mais c’est la rançon
de notre artisanat.
Vous avez donc découvert, entre autres, Thomas Labat, GM Bon, Dominique
Delpiroux… quels liens entretenez-vous avec eux? Le public commence-t-il à suivre
ces auteurs?
FT : Ce sont en effet trois auteurs que nous aimons beaucoup.
Ils sont encore un peu en deuxième rideau derrière d’autres
auteurs un peu plus confirmés ou reconnus par la critique et le
milieu (Bonnot, Valdez, Scotto, Merle, Cherruau ou votre serviteur…)
Mais c’est vrai que ce sont ceux que nous avons le plus envie de
défendre parce qu’ils sont encore trop confidentiels. Labat
vend assez peu, mais on le soutiendra jusqu’au bout parce qu’il
a un vrai univers. C’est un écrivain, pas un bon faiseur comme
le sont beaucoup de " polardeux ". GM Bon fait son petit bonhomme
de chemin, ça finira par rentrer. Delpiroux aussi. Pour ces trois-là,
je pense que la notoriété passera par la reprise en poche
par une " major ".
PC : Au début de l’aventure, très naïvement,
on espérait faire de L’écailler une sorte de famille,
avec ses auteurs, ses créateurs, les diverses personnes qui contribuent à ce
que les livres existent, des maquettistes aux imprimeurs, en passant par
les représentants de notre diffuseur, notre comptable, notre avocat,
les photographes qui ont fait des couvs, les journalistes qui en parlent,
etc, mais ça fait de plus en plus de monde, et on s’est aperçus
fatalement qu’on ne peut pas être ami avec chacun. Mais on
a rencontré des tas de gens passionnants, et, sauf naïveté persistante,
je pense que beaucoup d’auteurs de L’écailler s’y
sentent assez bien, un peu " chez eux ".
RM : La “grande famille du polar”, pour qui la fréquente
un peu, est comme toutes les familles, et derrière les bises de
convention, ça peut craindre. Mais sans tomber dans l’eau
de rose, c’est vrai que le micro-climat de l’Ecailler est plutôt
tonique. Affaire à suivre...
On y trouve aussi des auteurs "confirmés", tels Luc Baranger,
Phillipe Carrese… comment avez-vous noué des contacts?
FT :
Carrese, on l’a toujours connu, c’est un ami de la famille.
On a toujours voulu bosser ensemble. Il fait partie de ces gens qui insistent
pour faire bouger la culture à Marseille au mépris de l’indifférence
locale et du mépris global. C’est comme nous un entêté qui " craint
dégun " comme on dit ici. Baranger, c’est lui qui nous
a contactés. Beaucoup de " confirmés " s’adressent à nous
parce que le marché du polar français se rétrécit
(cf Série Noire, disparition de Baleine etc…)
Qu'est-ce que cela a changé pour vous ?
FT
: On est devenu plus confirmés nous-mêmes. Le truc rigolo,
c’est que quand on sort un bouquin de Baranger (ou de Pronzini ou
d’Embareck ou de Carrese…), les gens disent : " tiens,
un nouveau Baranger (Pronzini etc…) " Lorsqu’on sort
un Marseillais, ils disent " ah non, pas encore un nouvel Ecailler
! " Bref, on nous identifie à notre " bas de gamme "…
PC : Ce qui a changé aussi c’est que le choix des textes
que nous publions est de plus en plus difficile, car nous avons de plus
en plus de textes de qualité qui nous sont proposés. Cela
dit, même si un auteur est confirmé nous tenons à publier
des textes qui nous passionnent (voir plus haut), et la part dévolue
aux premiers romans dans tout ça est de plus en plus étroite
hélas.
RM : Le piège maintenant ce serait, vu tout ce qu’on reçoit,
de se dire: je n’aime pas ce truc, mais c’est un nom connu,
et on peut vendre, donc on publie...
Et on ne peut pas ne pas parler de l'ineffable
Serge Scotto…
FT : Tiens, bien puisque c’est comme ça, n’en
parlons pas.
PC : Serge mène parfaitement sa barque, entre nous, son chien,
et ses autres éditeurs, et il mérite le détour.
RM
: La preuve vivante que le contact humain transcende (!!!) la littérature.
Lors de notre dernière interview, vous disiez ne pas pouvoir vous
lancer dans la traduction d'auteurs étrangers, c'est aujourd'hui
fait, avec Steve Earle, Juan Hernandez Luna… alors, comment cela
s'est-il fait?
FT : Au fur et à mesure qu’on gagnait en notoriété,
les agents ont fini par nous considérer comme des interlocuteurs
valables. Et puis on a dealé en direct avec les auteurs ou leurs éditeurs.
On a contourné le problème. Maintenant, on nous propose des
trucs et, comme le disait Patrick, on va lancer en 2007 une collection
spécialisée dans le polar hispanophone et littéraire,
dont le directeur de collection sera (SCOOP !!!) Paco Ignacio Taibo II.
PC
: On espère d’ailleurs ne pas s’arrêter là,
la suite du chemin ce serait de pouvoir mettre aussi des Italiens et des
Africains sur notre catalogue… Etc.
RM : Si c’est comme ça, je vais traduire de l’occitan...
Vous avez été les premiers à publier Philip McLaren,
l'excellent auteur aborigène australien, aujourd'hui repris en Folio
Policier… joli travail, non?
FT : Oui, sauf qu’on est fâchés avec lui. Il veut désormais
dealer en direct avec Gallimard. C’est ça aussi notre métier… Lancer
des gens, les découvrir, et n’espérer aucune gratitude
en retour. C’est comme ça, les auteurs ont des égos
un peu envahissants. Pour info, " Tueur d’abos ", on en
a vendu péniblement 800 et Folio en vendra sans doute dix fois plus.
C’est pourtant le même livre… Mais c’est une bonne
illustration de tout ce qui précède.
PC : Folio Policier nous
a aussi acheté " Celui qui sait lire
le sang ", de Joachim Sebastiano Valdez, qui est un auteur " maison ",
et là ils prennent un risque a priori plus important que pour McLaren,
même si en réalité le bouquin est parfait et qu’il
devrait faire un vrai carton !
Une question bien embêtante avant de finir : pouvez-vous nous dire
chacun quel roman vous êtes le plus fier d'avoir publié (et
on ne biaise pas avec "le plus beau, c'est toujours celui à venir…")?
FT
: Je ne suis pas fier de faire ce métier, c’est justement
un métier dans lequel la fierté est un handicap. Alors je
vais biaiser, je vais dire : " Grand et gros " de Marc Tomasini
parce que c’est celui qu’on a le moins vendu, qu’on s’est
planté sur le format et sur le prix, mais que si c’était à refaire,
on le referait…
PC : Ceux dont on peut être les plus fiers, effectivement ce sont
ceux qui a priori avaient le moins de chance de sortir chez l’un
ou l’autre de nos confrères, parce que trop particuliers,
ou d’auteurs trop inconnus, pour moi je dirais les bouquins de Thomas
Labat, et même avec une petite prédilection pour le dernier, " L’étang ".
RM
: Il y en a beaucoup, mais j’ai un petit coup de cœur pour “Les
murs ont des oreilles”, de Michelle Courbou, et “Nos
meilleurs vieux”, d’André Fortin.
Et pour clôturer : quelles sont les sorties à venir et comment
voyez-vous les prochaines années de L'Ecailler?
FT : Lancement de l’Atinoir, la collec latino annoncée plus
haut. D’autres trads aussi (puisque c’est mon rayon…)
avec notamment le deuxième Kem Nunn (Unassigned territory), et des
auteurs inédits (Neil Cross peut-être Brian Wiprud). Côté Françaoui
: sans doute un Barcelo et je laisse Patrick répondre pour le reste.
L’avenir ? Rose.
PC : Pour être un rien précis sur la rentrée 2006
on a en octobre le cinquième overlittéraire, " Je ne
parle pas aux femmes ", signé de l’ex-juge Laurent Lèguevaque,
un polar dans le bordelais, " L’esprit du vain ", de Sophie
Pons (c’est un premier roman), début novembre le second bouquin
de Ridha Aati, " Les Bienveillants " qu’on attendait de
faire depuis une paye, et le nouveau René Merle, " C’est
quoi la philo ? ", plutôt narquois. Fin novembre le quatrième
Ecailler du Nord, un Roger Facon sanglant et jubilatoire, " L’équarisseur " et
un truc nouveau pour nous (encore), une BD signée Nico – Frapa – Sanz,
qui s’appellera " Pauvre Richard " et qui raconte les heurs
et malheurs d’une cité HLM où quelqu’un, mais
on ne sait pas qui, a gagné le gros lot de la Loterie. C’est
marrant, c’est bien vu, et les dessins sont géniaux, entre
du Delcourt et la façon actuelle des dessinateurs de comics US.
Après, on se répète, la collec L’Atinoir, et
puis des trucs qui sont en ce moment acheminés par la Poste, sûrement.
RM
- Que la finance suive, ou précède, nos désirs...
Des choses à rajouter?
FT – PC - RM : RDV dans six ans pour de nouvelles aventures. Longue
vie à l’Ours…
Merci bien.
Interview réalisée en 2007 par Christophe Dupuis par courriel.
0/10 sur 0 vote
Sélectionnez une note dans le menu déroulant.Aucun commentaire